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27/06/2017

Marche pour le droit d'asile

Le Préfet a fait savoir vendredi qu’il ne pourrait pas recevoir la Marche pour le droit d’asile ce lundi à Gap ; et proposé un rendez-vous avec ses services. Les marcheurs ayant décliné cette proposition pour attendre un rendez-vous direct avec lui, un revirement de dernière minute a eu lieu lundi après-midi, soit quelques heures avant l’arrivée de la marche : le Préfet a alors proposé in extremis de rencontrer les migrants vendredi prochain, à 17 heures à la sous-préfecture de Briançon.
Bien sûr, les migrants sont soulagés et heureux de cette perspective, et les marcheurs qui les accompagnent souhaitent avec eux que cela préfigure un assouplissement de la ligne politique. Dans le doute, tous appellent à ne pas relâcher la pression citoyenne, et à se mobiliser en nombre vendredi, devant la sous-préfecture, dès 16h30. 
 

Migrants, citoyens et associations déterminés à aider l’Etat … à mettre en cohérence ses discours et ses actes ! …en commençant par les plus urgents : l’annulation des renvois en cours


La Marche pour le droit d’asile, un élan sans précédent de mobilisation, de fraternité et d’hospitalité
 
Initiée par les demandeurs d’asile du Briançonnais, la Marche pour le Droit d’Asile est partie de Briançon jeudi 22 juin et arrive à la Préfecture de Gap ce lundi 26 juin à 17 h. Malgré les kilomètres de leur interminable errance, les exilés ont voulu marcher la tête haute pour rencontrer celui qui a leurs dossiers d’asile et surtout « leur vie entre ses mains. »
De cette marche, nous retiendrons le formidable élan de fraternité rencontré sur le fil du parcours, et les multiples espaces pacifistes d’échanges et de débat collectif qu’elle a engendrés.
5 jours de marche – 110 km parcourus sur les petites routes du département – 700 personnes mobilisées – 150.000 pas - 5 communes étapes (Briançon, l’Argentière, Guillestre, Baratier, Chorges) – une halte à la mairie de Puy-Sanières – 1 orage – 80 verres de l’amitié offert par un riverain -16 collectifs représentés - 750 repas du soir servis - 200 tentes montées et démontées – 400 manifestants pour l’accueil à Gap…Une autre hospitalité est possible et elle est déjà à l’œuvre. Elle s’invente dans les Hautes-Alpes et ailleurs.
 
 
Le Préfet Philippe Court, regretté grand absent…qui se manifeste in extremis
 
Pour que le droit d’asile soit respecté dans les Hautes-Alpes et sur le sol européen, pour que le règlement de Dublin ne soit pas appliqué, comme cela est possible et prévu par le règlement lui-même compte tenu de la situation critique en Italie et des risques de renvoi dans les pays d’origine, demandeurs d’asile et citoyens ont souhaité rencontrer le Préfet.
Le Préfet a fait savoir vendredi qu’il ne pourrait pas recevoir la Marche pour le droit d’asile ce lundi à Gap ; et proposé un rendez-vous avec ses services. Les marcheurs ayant décliné cette proposition pour attendre un rendez-vous direct avec lui, un revirement de dernière minute a eu lieu lundi après-midi, soit quelques heures avant l’arrivée de la marche : le Préfet a alors proposé in extremis de rencontrer les migrants vendredi prochain, à 17 heures à la sous-préfecture de Briançon.
Bien sûr, les migrants sont soulagés et heureux de cette perspective, et les marcheurs qui les accompagnent souhaitent avec eux que cela préfigure un assouplissement de la ligne politique. Dans le doute, tous appellent à ne pas relâcher la pression citoyenne, et à se mobiliser en nombre vendredi, devant la sous-préfecture, dès 16h30. 
 

Migrants, citoyens et associations déterminés à aider l’Etat … à mettre en cohérence ses discours et ses actes ! …en commençant par les plus urgents : l’annulation des renvois en cours
 
La situation dans les Hautes-Alpes est complexe car elle mêle un aspect de grande urgence face aux menaces individuelles d’expulsion imminentes, appelant des décisions immédiates ad hoc du préfet, et la nécessité d’une décision de levée générale de l’application des accords de Dublin, dont on mesure qu’elle pourrait prendre plus de temps.
Aussi, les revendications finales de la Marche conjuguent ces deux niveaux d’urgence:
  • Pour les migrants dublinés, ceux qui ont reçu les notifications de renvoi, et ceux qui ont déjà leurs billets d’avion retour… : le préfet doit de toute urgence réexaminer leurs dossiers et lever ces décisions
  • Pour le moyen terme, le préfet en tant que représentant de l’Etat sur notre territoire doit prendre acte des diverses déclarations des dirigeants nationaux, et aligner ses pratiques derrière les recommandations, à savoir :
    • Le 23 Juin, le ministre de l’intérieur Gérard Collomb déclarait que, ailleurs qu’à Calais, « les associations d’aides aux migrants doivent pouvoir faire leur travail » : cela suppose que les migrants soient autorisés à bénéficier de leurs services, donc à rester sur le territoire français ;
    • Le même jour à l’issue du Conseil européen, le président de la République Emmanuel Macron annonçait : « Nous devons accueillir des réfugiés car c’est notre tradition et notre honneur. Les réfugiés sont des femmes et des hommes qui fuient leur pays pour leur liberté ou par ce qu’ils sont en guerre ou pour leurs choix politiques.Nous devons ainsi faire preuve de solidarité quand un de nos voisins fait face à des arrivées massives de réfugiés ou de migrants. »
Face à la schizophrénie ambiante entre discours politiques et actes administratifs, migrants, citoyens et associations haut-alpins sont patients et déterminés : en venant le rencontrer vendredi, nous donnerons une chance au Préfet de ne pas se tromper de chemin.
 
REMERCIEMENTS
Cette marche n’aurait pas été possible sans l’implication de tous ceux qui ont fait leur part et qui redonnent du sens aux mots hospitalité et fraternité.
 
Merci aux marcheurs, demandeurs d’asile, réfugiés, dublinés, exilés, citoyens solidaires, et citoyens du monde
 
Merci aux organisateurs
 
Merci aux communes de Briançon, L’Argentière, Guillestre, Baratier, Chorges et Puy Sanières.
 
Merci aux campings du Radeau, du Petit Liou, de la Baie Saint Michel et à l’Auberge de jeunesse de Guillestre « entre Guil et Mets ».
Merci aux associations à la MJC du Briançonnais, au Réseau Hospitalité 05, Réseau Hospitalité sans Frontières, Réseau Welcome 05, à La Cimade 05, à RESF 05, au Collectif de L’Argentière (Ensemble), au Collectif de Guillestre, à Icare 05 (Embrun), à l’Association Bonvenon (Veyne), Collectif du Buech, à l’Association Article 1er (Sisteron), à Solidaritat Ubaye (Barcelonette), à Solidarité avec les réfugiés de Sisteron),  au Collectif Migrants 04, à l’Association Un toit, un droit, à Afric’Alpes Soleil, au Secours Catholique et au Secours Populaire.
 
Merci à La Croix Rouge, à Médecins du Monde, et aux médecins urgentistes pour la trousse à pharmacie
 
Merci à tous les musiciens qui étaient si nombreux à chaque étape, No rest for butterfly, Lassina Coulibaly, DJ Sherpa, Néné, Jérôme et ses trompettes, Thierry, François, Fab et tous leurs acolytes....
 
Merci pour les dons, pour les prêts, pour le partage au Chapoul Café, à Rafiki nature, au Snack le Radeau, à la boulangerie de Baratier, à Rions de Soleil, à la Caravane de Jeux, à l’Epine-Vinette, à Biomonde, au Fil du Bio, aux Jus de Chateauroux-les-Alpes, à Pics et Colegram, à l’herbe qui a nourri le mouton de l’Aïd, aux petites mains pour les pâtisseries orientales offertes, à l’Association d’Animation des Alberts, à la Filature de Longo Maï et au Club briançonnais de Rugby.
 
Merci aux medias locaux qui ont suivi les marcheurs.
 
Merci à Lionel Daudet pour son parrainage. 

 

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