Affronter la négrophobie
La négrophobie — le racisme anti-NoirEs — est la forme de racisme qui engendre le plus de morts, de violence et d'inégalités.
Le consensus négrophobe
Ce sont avant tout des NoirEs qu’on fait mourir aux frontières, qu’on enferme dans des CRA, que la police violente, qu’on assigne à la condition de sans-papiers comme aux emplois les plus pénibles, les plus précaires, les moins bien payés…
La négrophobie occupe pourtant une place réduite dans le débat public, parce qu’elle est largement naturalisée. Le discours explicitement négrophobe se heurte encore un peu au tabou qui a frappé l’expression ouverte du racisme biologique (mais pour combien de temps ?). Pour autant, la très large adhésion aux politiques et pratiques qui en découlent témoigne de la profondeur du consensus négrophobe.
L’offensive contre les éluEs NoirEs
La vague de discours négrophobes suscitée par l’élection de quelques maires noirs souligne que les idéologies racialistes subsistent en tant que fond culturel. La fascisation en cours libère désormais leur expression décomplexée. Il suffit qu'un homme noir accède à une portion de pouvoir pour qu'il soit instantanément reconduit à son assignation raciale.
Après une première offensive culturelle — faisant de Bally Bagayoko un « communautariste » ou un « séparatiste » au service de la pègre —, il a ces derniers jours été associé à des animaux, à un chef de tribu primitive, à une menace sécuritaire. Sont ainsi mobilisés les stéréotypes négrophobes les plus structurants : la bestialisation, la sauvagerie et la violence physique.
Il est temps d’affronter la négrophobie
Ces discours donnent lieu à une très large réprobation, mais en trompe-l’œil. Les politiciens les plus racistes peuvent s’élever à peu de frais contre des cris dans les stades, mais les condamnations verbales des expressions les plus crasses de la négrophobie ne doivent tromper personne lorsqu’elles viennent des mêmes personnes qui légitiment la division racialisée du travail, la répression des sans-papiers et la nécropolitique des frontières.
Il ne suffira pas d’en dénoncer les expressions les plus outrancières. En la nommant comme telle, en l’identifiant par-delà la diversité de ses manifestations, en la combattant radicalement, il est temps d’affronter la négrophobie.
Montreuil, le 1er avril 2026


